Thierry Noesen, CEO de la chocolaterie Belvas: « On ne se rend pas compte des problèmes quand on a le nez dans le guidon »

L’aventure entrepreneuriale traverse parfois des zones de turbulences. Comment anticiper et gérer les difficultés, se relever après un échec? Reportage à la chocolaterie Belvas.

il y a une vie après une (quasi-)faillite. Un repreneur peut réussir là où le précédent entrepreneur a échoué. Mais cela exige de repartir quasiment d’une page blanche, de choisir d’autres options, parfois radicales.

Thierry Noesen, le directeur général de la chocolaterie Belvas,

Après des années chez Nestlé puis BASF, Thierry Noesen se laisse séduire par un projet dans le secteur du chocolat. « Il s’agissait de gérer le regroupement de deux chocolatiers à Anvers. Mais le projet n’était pas viable, parce que la nouvelle entité avait été trop endettée par les repreneurs pour financer l’opération. Dans la foulée, on m’a proposé de reprendre une chocolaterie à Dottignies. Elle était en perte depuis plusieurs années et proche de la liquidation. Il aurait mieux valu la laisser aller en faillite et en reprendre certains actifs. Mais je n’aime pas cette idée », précise Noesen. A l’époque, la chocolaterie affichait péniblement 250.000 euros de chiffre d’affaires. 15 ans après, Belvas atteint les 12 millions.

Un positionnement commercial distinctif

Belvas a pris le parti de s’investir massivement dans la filière bio et surtout équitable. Une démarche qui lui donne un positionnement commercial distinctif dans un marché très concurrentiel, mais surtout porteuse de valeurs. « Je ne peux pas cautionner le travail des enfants dans la production de mon chocolat. En tant qu’industriels, nous sommes responsables de la production en amont. J’y crois fermement, mais je constate aussi que le personnel y adhère et est attiré par ces valeurs autant que par notre produit », précise Noesen.

L’été

Le personnel, c’est le facteur coûts le plus important. Difficile aussi de gérer le volume de personnel lorsque l’on a une activité cyclique comme le chocolat. « Durant notre phase de croissance, nous avons dû faire face à des problèmes de trésorerie importants pendant les mois d’été. On accumule les stocks en juillet et août. Du coup en septembre, on se retrouve avec des besoins de ligne de crédits de l’ordre de 2 millions d’euros. Aujourd’hui, on peut l’absorber avec l’appui bancaire. Mais à l’époque, c’était trop juste », reconnaît Noesen. Belvas a donc dû demander le soutien de la Sogepa pour un prêt subordonné.

Le personnel

Le personnel, c’est le facteur coûts le plus important. « Dans notre activité, il y a peu d’économies d’échelle. La part du personnel dans les coûts augmente avec la croissance. Mais malheureusement, on perd en efficacité et en implication en grandissant. » Pour maîtriser les coûts et l’efficacité, Belvas doit donc trouver le bon équilibre entre le personnel propre, le chômage économique et le recours à des intérimaires.

Souce: L’Echo

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