Sec à dangereusement sec

La sécheresse est un problème de plus en plus aigu. Pour la 4ème année consécutive, nous sommes confrontés à une longue période de sécheresse très tôt dans l’année. La période avril-mai 2020 est la plus sèche jamais enregistrée depuis le début des mesures à Uccle en 1833.

En Flandre, les niveaux d’eau ne sont pas encore revenus à la normale après la sécheresse de l’été dernier. Plus des trois quarts des nappes phréatiques et de nombreux cours d’eau affichent actuellement un niveau bas voire très bas pour cette période de l’année. De plus, très peu de précipitations sont attendues dans les prochaines semaines. C’est pourquoi un code orange a été enclenché depuis le 20 mai dans toute la Flandre en raison de la situation de sécheresse (www.opdehoogtevandroogte.be).

En Wallonie, la situation (au 1er juin) est toujours sous contrôle pour l’instant. Les effets de la sécheresse se font néanmoins déjà sentir, en particulier sur la végétation, l’agriculture et les eaux de surface. Le débit des cours d’eau est en baisse. Comme d’habitude en cette saison, le niveau des nappes phréatiques est en train de diminuer. Les volumes dans les lacs de retenue et l’approvisionnement en eau potable sont toutefois pratiquement à la normale. Bien que la situation en Wallonie soit actuellement sous contrôle, nous devons rester vigilants : un temps sec prolongé pourrait également aggraver la situation wallonne. Des mesures sont prêtes à être activées si nécessaire.

L’utilisation rationnelle de l’eau est en tout cas recommandée dans toute la Belgique.

Faire des choix

La forte sécheresse en Flandre explique les différentes mesures déjà prises, comme les interdictions de captage dans certains cours d’eau. Si l’eau venait vraiment à manquer dans les semaines à venir, il n’est pas exclu qu’il faille faire un choix dans l’attribution de l’eau encore disponible. Afin de pouvoir faire ce choix en toute connaissance de cause, le gouvernement flamand travaille actuellement à l’élaboration d’un cadre évaluatif, auquel participe toutes les parties prenantes concernées. Ce cadre ne sera pas encore prêt cet été. Si un choix s’avérait néanmoins nécessaire à court terme, un cadre provisoire serait appliqué. Dans ce cadre provisoire, l’industrie se trouve au bas de l’échelle, avec par conséquent le risque réel de se voir attribuer moins d’eau et de devoir faire face à une pénurie d’eau.

Les pénuries d’eau peuvent avoir de graves répercussions sur les entreprises alimentaires. Celles-ci ont en effet besoin de suffisamment d’eau pour pouvoir continuer à produire leurs denrées alimentaires et boissons : comme ingrédient, comme auxiliaire, pour pouvoir continuer à garantir la sécurité alimentaire, … Une pénurie d’eau peut entraîner une diminution de la production et la perte de stocks.

Secteur essentiel

Ces derniers mois, les #FoodHeroes de l’industrie alimentaire ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour continuer à assurer l’approvisionnement de la population en produits alimentaires, boissons et matières premières. En tant que secteur essentiel, l’industrie alimentaire a poursuivi ses activités en cette période difficile de coronavirus. Avec la sécheresse imminente, les entreprises risquent à présent de passer d’une crise à l’autre, mais même en période de sécheresse, ce secteur essentiel doit pouvoir continuer à fonctionner. Nous appelons dès lors les autorités à garder un œil attentif sur cette fonction essentielle et à en tenir compte dans le choix des mesures face à la sécheresse. Pour pouvoir continuer à garantir l’approvisionnement alimentaire, l’eau est en effet nécessaire. Dans ce contexte, nous nous associons à la demande du Voka, la fédération flamande des employeurs, afin de préserver les entreprises et de leur accorder une priorité suffisante en cas de pénurie d’eau.

Nos entreprises alimentaires, quant à elles, s’efforcent depuis des années d’utiliser plus efficacement l’eau disponible et de réduire davantage leur dépendance hydrique. Depuis 2000, les entreprises alimentaires belges consomment en moyenne 52 % d’eau en moins pour chaque produit fabriqué. De plus en plus d’entreprises alimentaires mènent des projets ambitieux pour recourir à des sources d’eau alternatives, réutiliser l’eau, … et ainsi être mieux armées contre la sécheresse. Il est cependant impossible de se passer totalement de l’eau.

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