Le secteur alimentaire wallon rebondit grâce à la digitalisation et les filières d’avenir

Les derniers chiffres du secteur alimentaire en Wallonie pour 2019 montrent que l’industrie alimentaire wallonne continue d’être un moteur de l’économie wallonne. L’impact de la crise du coronavirus vient cependant donner un coup de frein à cette belle progression. L’industrie alimentaire, secteur essentiel qui a déjà fait preuve de sa résilience durant la crise sanitaire, souhaite aller encore plus loin. Fevia Wallonie, la fédération de l’industrie alimentaire wallonne, et Wagralim, le pôle de compétitivité de l’agro-industrie, appellent à investir dans des filières d’avenir pour favoriser un système alimentaire plus durable pour tous.
Impact de la crise : Let’s reverse the curve

Les derniers chiffres économiques de Fevia Wallonie montrent une industrie alimentaire wallonne en pleine progression en 2019 :

  • Le chiffre d’affaires a augmenté de 1,1%
  • Les investissements ont atteint le demi-milliard d’euros, soit un bond de 64% en 5 ans, et représentent 31% des investissements industriels wallons
  • Les exportations ont connu une forte croissance par rapport à l’année précédente : +6,9 %.
  • Le nombre d’emplois dans l’industrie alimentaire a continué d’augmenter : +2,1 %, soit 20% de l’emploi industriel wallon

« La crise sanitaire est cependant venue donner un coup d’arrêt à cette belle progression », note Guy Paternoster, président de Fevia Wallonie et Wagralim. « Au plus fort de la crise (avril et mai 2020), les chiffres font un plongeon : une forte chute de la production en volume (-25% en moyenne par rapport à avril/mai 2019), du chiffre d’affaires (-14%) et des exportations (-23%). De nombreuses entreprises ont également du reporter, voir annuler, leurs investissements consentis avant la crise. »

Mais l’industrie alimentaire a déjà fait preuve de sa résilience au plus fort de la crise, elle a dès lors l’ambition d’inverser la courbe dans les prochaines années, sous la devise #ReverseTheCurve. « Pour redresser le secteur et la situation économique, il faut soutenir la compétitivité de nos entreprises qui est mise à rude épreuve. A court terme, nous devons réduire les coûts salariaux et d’électricité qui restent élevés par rapport à nos pays voisins et supprimer la lasagne de taxes. Cela permettrait entre autres de mettre fin à l’augmentation des achats transfrontaliers, en particulier en Allemagne, en France et au Luxembourg qui nuisent à nos entreprises », précise Paternoster.


Sortie de crise : vers une résilience renforcée

Si le système alimentaire a malgré tout tenu le coup pendant la crise et a pu continuer à nourrir la population, la crise a aussi révélé certaines fragilités du système et a confirmé ce que nous savions avant : il faut continuer à évoluer vers un système alimentaire résilient et plus durable. Pour y parvenir, il est important d’associer tous les acteurs, afin qu’ils soient eux-mêmes moteur de cette dynamique. Plusieurs initiatives dans ce sens ont déjà vu le jour en Wallonie, dans lesquelles Fevia Wallonie et Wagralim se sont impliquées, telles que la démarche D’Avenir, pilotée par les acteurs de la chaîne agroalimentaire.

Le Gouvernement wallon vient maintenant de lancer une Alliance Emploi Environnement pour le secteur de l’Alimentation et une Stratégie Economie circulaire dans laquelle le système alimentaire est une des chaînes de valeur prioritaires.

« Fevia Wallonie et Wagralim s’inscriront activement dans ces nouvelles stratégies en vue d’y soutenir le développement de filières porteuses et créatrices de valeur ajoutée en Wallonie, telles que les pois protéagineux, l’épeautre, les oléagineux, des productions maraichères et fruitières, des productions animales de qualité » souligne Anne Reul, secrétaire générale de Fevia Wallonie. « Le défi sera de veiller à une approche coordonnée et cohérente de la part des autorités et de tous les acteurs et de garder le système ouvert sur l’Europe et le monde, car la Wallonie n’est pas une île ».
L’accélération du numérique

« L’accélération du numérique dans le secteur, autre tendance marquée durant la crise, apparait aussi comme un moyen de répondre aux nouveaux défis posés par la crise sanitaire » ajoute François Héroufosse, Directeur général de Wagralim. « Ensemble avec Fevia Wallonie, nous avons développé tout un accompagnement des entreprises alimentaires en matière de transformation digitale, que ce soit au niveau de la production, de la supply chain, mais aussi des canaux de vente où on constate un rapprochement des entreprises avec leurs clients. Ainsi, le Digital Boostcamp agroalimentaire a été cette année organisé complètement sous forme digitale ».

Tout comme la transition vers un système alimentaire plus durable, cette transition numérique s’inscrit également dans le Plan de relance wallon « Get Up Wallonia » où différents outils vont se mettre en place pour épauler les entreprises, notamment en matière de progression des compétences digitales.

« La résilience, la transition vers le végétal et la digitalisation sont des tendances qui s’accélèrent et nous devons donner les moyens à nos chefs d’entreprise pour s’adapter à cette nouvelle complexité. Ces tendances correspondent à un raccourcissement du cycle de l’innovation constaté par Wagralim, et qui sera encadré par le Pôle avec des outils adaptés et plus agiles dans les prochains mois. L’ensemble de ces thèmes sont, sans surprise, au cœur de notre événement annuel Food Connections, organisé cette année sous forme digitale », conclut Guy Paternoster.

Voir le programme Food Connections

https://foodconnections.b2match.io/page-3591

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