Greenyard a perdu la moitié de sa valeur en quatre jours

Les investisseurs anticipent une augmentation de capital importante afin d’alléger le bilan du géant des fruits et légumes.

Greenyard baisse pour le quatrième jour d’affilée. Cette fois l’action chute de 17% à 3,92 euros, un nouveau plus bas depuis son introduction en Bourse en 1999. Depuis vendredi soir, la perte s’élève à 49%.

Les analystes tablent, de plus en plus, sur une augmentation de capital importante à un prix bradé. C’est la conséquence d’un avertissement sur résultats lancé lundi matin.

Augmentation de capital conséquente
De son côté, ABN Amro a divisé par deux son objectif de cours à 5 euros contre 9,5 euros avant. L’analyste de la banque estime que les dettes du groupe représenteront, fin de l’exercice en cours, six fois l’Ebitda. Selon lui, une levée de fonds d’au moins 100 millions d’euros est nécessaire en plus de la vente d’actifs non stratégiques. En plus de cela, il lui semble inévitable que les actionnaires ne reçoivent pas de dividende pendant au moins deux ans.

Le broker Berenberg table aussi sur une augmentation de capital conséquente avec un minimum de 80 millions d’euros montant qui pourrait aller jusqu’à 140 millions. Beaucoup dépendra de la rapidité avec laquelle la direction rétablira la rentabilité. “Même avec une levée de 140 millions d’euros, les dettes atteindront 4 fois l’Ebitda si ce dernier reste au niveau de 60 millions” a calculé l’analyste Fraser Donlon.

L’horreur des maths
Les mathématiques semblent sombres pour l’investisseur de Greenyard. La capitalisation boursière a chuté à 175 millions d’euros contre 950 millions, il y a un an. Si Greenyard lance une augmentation de capital de 100 millions d’euros au cours actuel, le groupe devra émettre plus de 25 millions de nouvelles actions.

Et cela ne tient pas compte du fait que ce genre d’opération s’accompagne presque toujours d’une forte décote par rapport au cours de Bourse afin de convaincre les actionnaires d’y participer. Début 2016, ArcelorMittal a proposé un décote de 50%.

En d’autres termes : il n’est pas impensable que, finalement, Greenyard soit obligé d’émettre une action nouvelle pour chaque action existante. Les actionnaires se retrouvent donc confrontés à un choix peu enviable : soit injecter encore de l’argent dans une action à cause de laquelle ils en ont déjà perdu beaucoup, soit accepter une très forte dilution de leur participation et du dividende à venir.

D’un autre côté, l’exemple d’ArcelorMittal démontre qu’une telle opération peut aussi être un succès si le bilan est nettoyé et que la direction prend les mesures qui s’imposent. L’action du géant de l’acier vaut presque 10 fois plus aujourd’hui que le prix proposé lors de la levée de fonds.

Mais il y a aussi des contre-exemples comme avec Nyrstar.

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