La fédération Fevia presente ‘Mémorandum 2024’: 15 propositions pour un avenir durable grâce à une industrie alimentaire robuste

À l’occasion des élections de 2024, la fédération Fevia présente son mémorandum. La fédération de l’industrie alimentaire appelle les politiciens à adapter leurs politiques pour garantir un avenir durable grâce à une industrie alimentaire solide. Une proposition essentielle est d’aborder, au cours du prochain mandat gouvernemental, la structure fiscale complexe, également connue sous le nom de ‘lasagne fiscale’, afin de favoriser une concurrence équitable avec les marchés étrangers. (Vous trouverez toutes les propositions du mémorandum à la fin de l’article.)

Cette année, la rentabilité du secteur alimentaire a été compromise en raison de divers facteurs tels que l’augmentation des matières premières, de l’énergie, des prix du transport, des emballages et de l’indexation salariale. Selon Anthony Botelberge, président de Fevia, tous les coûts de production ont augmenté, mais les producteurs ont eu du mal à augmenter les prix, ce qui a entraîné une diminution significative de leurs marges bénéficiaires. La situation met en danger la rentabilité des entreprises alimentaires.

La fédération Fevia prévoit une détérioration continue de la rentabilité des entreprises alimentaires. Quatre entreprises sur dix s’attendent à une nouvelle baisse de rentabilité dans les six prochains mois, principalement en raison de la hausse des prix qui impacte directement le pouvoir d’achat.

Concurrence équitable avec l’étranger

Les achats transfrontaliers, atteignant des niveaux records cette année, constituent un autre défi majeur pour ces entreprises. En 2023, on estime que ces achats dépasseront les 700 à 750 millions d’euros, entraînant une perte fiscale d’environ 100 millions d’euros. En 2022, les achats alimentaires des Belges en France ont représenté 315 millions d’euros, soit 58% du total des achats transfrontaliers.

Face à cette situation, Fevia demande des mesures pour maintenir la compétitivité du secteur par rapport aux entreprises étrangères. Les taxes plus élevées en Belgique par rapport aux pays voisins incitent les consommateurs à effectuer davantage d’achats à l’étranger, une situation préjudiciable pour les entreprises alimentaires, les employés, les consommateurs belges et le gouvernement en termes de recettes perdues
La Fevia souligne un écart salarial important en Belgique, atteignant en moyenne 29,1 % par rapport aux pays voisins. Cette différence rend le travail environ 30 % plus coûteux en Belgique, décourageant les investisseurs de s’établir dans le pays et créant une concurrence plus difficile pour les entreprises belges.

Un « ministre de l’industrie »

Pour promouvoir une véritable politique industrielle axée sur la compétitivité, l’innovation et le développement durable, la Fevia demande la nomination d’un « ministre de l’industrie ». Ce ministre aurait une vision globale de toutes les compétences impliquées et favoriserait une coopération renforcée avec les fédérations industrielles. La Fevia souligne également que la fragmentation des pouvoirs entre les différents niveaux politiques crée de la complexité, de l’incohérence et de l’inefficacité.

Viabilité de la transition écologique

« Dans le mémorandum de la Fevia, l’accent est également mis sur le défi auquel sont confrontées les petites et moyennes entreprises (PME) dans la gestion de la transition vers la durabilité, en raison de l’abondance de réglementations et d’obligations. Ils demandent la mise à disposition d’experts en énergie pour aider les PME à mettre en œuvre des mesures d’efficacité énergétique.

Sécurité juridique

En outre, la Fevia souligne la nécessité de la sécurité juridique et d’un cadre stable. Ils insistent sur l’importance pour les entreprises de comprendre quelles sont les investissements conformes à la politique future, avec une acquisition rapide des autorisations nécessaires et une approche cohérente afin d’éviter que l’entrepreneuriat et les investissements ne soient entravés par une politique incohérente. »

Fevia se concentre sur quatre points spécifiques :

  1. Concurrence équitable avec l’étranger, demandant un soutien et des taxes équitables pour les entreprises alimentaires belges afin d’assurer une concurrence juste.
  2. Cohérence dans les politiques, appelant à la création d’un « ministre de l’industrie » supervisant diverses compétences et favorisant une collaboration entre les niveaux politiques pour une politique industrielle orientée vers l’avenir.
  3. Viabilité de la transition écologique, appelant au soutien de mesures d’efficacité énergétique pour les PME.
  4. Sécurité juridique pour les investissements des entreprises, plaidant en faveur d’un cadre juridique stable pour soutenir les investissements et garantir la continuité.

Anthony Botelberge, président de Fevia, déclare :

« Il n’est pas secret que les négociations entre les supermarchés et les producteurs sont difficiles. Alors que certains prix des matières premières diminuent, on s’attend à des baisses de prix de la part des producteurs. Cependant, on oublie que beaucoup de prix des matières premières sont restés inchangés ou ont même augmenté. En plus, les coûts salariaux et d’emballage plus élevés, combinés au fait que les producteurs n’ont pas répercuté toutes leurs hausses de coûts ces dernières années, ont fortement impacté leurs marges. »

L’objectif est de créer un cadre politique permettant à l’industrie alimentaire belge de prospérer, de fournir des emplois et de produire une alimentation de qualité, innovante et durable. Fevia appelle à préserver et garantir l’héritage gastronomique belge à long terme.

Les 15 points du Mémorandum 2024 :

  1. Politique industrielle sur mesure pour un avenir durable de l’industrie alimentaire.
  2. Gagner la confiance des consommateurs.
  3. Rendre les aliments et boissons de plus en plus sûrs.
  4. Faciliter le choix d’une alimentation plus saine.
  5. Mieux informer les consommateurs sur l’alimentation.
  6. Embrasser et accélérer la transition écologique.
  7. Réduire les émissions de CO2.
  8. Gérer l’énergie de manière plus efficace.
  9. Adopter une approche plus durable de l’eau.
  10. Rendre les emballages plus durables.
  11. Encourager des carrières durables pour le futur.
  12. Attirer et développer davantage de talents.
  13. Maintenir des emplois abordables et praticables.
  14. Créer de la valeur ensemble.
  15. Être à l’avant-garde de l’innovation, créer de la valeur ajoutée avec une politique commerciale stratégique, renforcer notre image mondiale et promouvoir des relations commerciales équitables tout en verdisant la chaîne d’approvisionnement. »

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