Convention sur l’Alimentation Equilibrée : les fédérations sectorielles dressent un bilan intermédiaire

Les fédérations sectorielles Fevia, Comeos et la ministre de la santé publique Maggie De Block ont révélé fin août les premiers résultats de la Convention sur l’alimentation équilibrée. Ils ont également immédiatement partagé les objectifs d’une deuxième convention. Avec quelques fédérations, nous revenons brièvement sur le chemin parcouru et envisageons l’année 2020.

Les fédérations sectorielles Fevia, Comeos et la ministre de la santé publique Maggie De Block ont révélé fin août les premiers résultats de la Convention sur l’alimentation équilibrée.

Ce qui a précédé…

Les fédérations sectorielles Fevia et Comeos ont proposé, avec le gouvernement fédéral, de simplifier le choix santé des consommateurs dans les cinq ans à venir. L’ambition s’articule autour de trois piliers : un ajustement de la composition nutritionnelle, des portions plus petites et un marketing et une communication personnalisées.

Les attentes ont été dépassées

Les partenaires ont officialisé leur engagement en 2016 dans la Pacte pour une nutrition équilibrée. Les secteurs ont rendu compte l’été dernier des résultats obtenus. Dans la plupart des domaines, ils ont dépassé les objectifs prédéterminés.

Note Critique

Les médias ont repris avec enthousiasme les résultats intermédiaires. Une note critique n’est cependant jamais loin. Test-Achats, l’organisation de défenses des consommateurs se dit satisfaite de cette évolution, mais estime que le secteur alimentaire doit montrer encore plus d’ambition. L’organisation a déclaré aux informations à la VRT souhaiter la création d’un organisme indépendant chargé d’évaluer l’objectivité des résultats obtenus, par analogie avec l’Observatoire de la qualité de l’alimentation en France. Test-Achats déplore également le manque d’engagement des consommateurs. Plusieurs fédérations de l’industrie ont à leur tour émis le doute selon lequel la Convention d’Alimentation Equilibrée s’applique uniquement aux entreprises belges, de sorte que les rayons des magasins comprennent encore de nombreux autres produits ne respectant pas encore la convention.

Michaël Sels, diététicien principal à l’Université d’Anvers, a noté que tous les résultats concernant les matières grasses et les sucres ne respectaient pas les normes plus strictes de l’Organisation Mondiale de la Santé. Jean Eylenbosch, président de la Fevia : « Nous tentons de réaliser une évolution, pas une révolution. Nos producteurs doivent veiller à conserver le goût et la texture de leur gamme. Les consommateurs veulent des aliments plus sains, mais profiter de leurs friandises habituelles. » Selon la ministre de la santé publique Maggie De Block, le basculement vers des aliments plus sains a bien eu lieu. « La baisse des sucres et des graisses saturées a été précédée par des années de recherches. Nous, en tant que gouvernement, sommes satisfaits que tous regardent désormais dans la même direction. En même temps, nous ne voulons pas menacer du doigt et interdire tous les produits riches en graisse. Une alimentation saine est une responsabilité partagée à la fois pour le producteur, le gouvernement et la population. De nombreux consommateurs ont déjà opté pour un mode de vie plus sain. C’est ce que l’on peut déduire du succès des livres de cuisine sur la nourriture saine et notre culture sportive. Avec le deuxième volet de la Convention sur une Alimentation Equilibrée, nous voulons aller plus loin sur la voie choisie.”

Les nouveaux objectifs

Les initiateurs ont formulé ensemble un certain nombre de nouveaux objectifs pour 2020. Nous les avons soumis aux fédérations sectorielles concernées.

Laiterie

Partie I de la Convention (2012-2016) : -3,8% de sucres ajoutés
Objectif Partie II (jusqu’en 2020) : -5% de sucres ajoutés
Comment accueillez-vous à ce jour le résultant obtenu ?
Lien Callewaert, Food Law Manager à la Confédération belge des industries laitières (CBL) :
“L’industrie laitière a déjà fourni beaucoup d’efforts auparavant – sans engagement formel. Nous sommes très satisfaits des résultats et déterminés à atteindre notre objectif de réduction de 8% des sucres ajoutés entre 2012 et 2020. Etant donné que nous n’avons pas remplacé les sucres ajoutés par des édulcorants, les habitudes de goût du consommateur devront être ajustées. Ceci est seulement possible en modifiant progressivement les nouvelles formules, de sorte que le consommateur ne décroche pas”.
Vos membres communiquent-ils adéquatement sur les progrès réalisés ?
“La législation européenne (Ordonnance (CE) n°1924/2006) stipule comme condition préalable à une requête que la teneur d’un produit dans un élément nutritif doit baisser de 30%. Comme indiqué précédemment, nous ne pouvons appliquer la réduction que progressivement. Les entreprises laitières ne communiquent pas leurs efforts sur leurs emballages. La Convention sur l’Equilibre alimentaire leur permet de rendre compte de leurs efforts, mais pas directement sur l’emballage. “
Le consommateur choisit-il consciemment des produits laitiers avec une teneur réduite en sucres ?
“En ce qui concerne le yogourt, nous constatons en tous les cas une augmentation de 12% de la consommation de yogourt naturel sans sucres ajoutés en trois ans (source : GfK – ndlr).”
Quels sont les autres aspects de la santé qui animent le secteur ?
“L’industrie laitière travaille depuis longtemps à une reformulation de ses produits et une transition vers une qualité nutritionnelle améliorée. Les consommateurs peuvent choisir parmi une gamme de plus en plus large de produits laitiers avec une teneur en graisse variable. Le secteur a réduit la teneur en sel du fromage de 7,5% entre 2008 et 2012. La CBL et ses membres restent attachés à une vaste gamme de produits laitiers. Malheureusement, pas moins de 98% de la population belge ne suit pas les recommandations actuelles concernant les produits laitiers (source : Enquête sur la consommation alimentaire 2014 – ndlr).”

Sauces froides

Objectif Partie II de la Convention (jusqu’en 2020) : apport énergétique -3%
David Marquenie, secrétaire général de la fédération sectorielle Culinaria : “Comeos – et donc pas Culinaria – a exprimé l’engagement de 3% d’énergie en moins. Cela s’applique donc aux marques de distributeurs. Le distributeur détermine le cahier des charges.”
La barre est-elle suffisamment haute avec une réduction de 3% d’énergie ?
“Nous ne consommons pas les sauces en grandes quantités. La part de l’apport énergétique global est plutôt limitée : 3,6% de l’apport énergétique total selon les résultats de l’Enquête sur la consommation alimentaire de 2014. Néanmoins, nous sommes convaincus que nous pouvons contribuer à un régime alimentaire plus équilibré.”
Comment le secteur va-t-il atteindre ces objectifs ?
“Nos entreprises produisent une large gamme. Chaque fabricant détermine ce qui est possible dans son portefeuille. Il est difficile de définir des objectifs pour le secteur, car les priorités et les opportunités varient considérablement.”

La Convention est-elle un facteur déclencheur en soi ou la réduction de l’apport énergétique a-t-elle déjà été en tête de liste des priorités ?
“Les entreprises travaillent depuis longtemps à la reformulation de leurs produits. Ils ont entre autres apporté une contribution importante à la Convention sur la réduction du sel. La Convention actuelle agit comme un déclencheur supplémentaire.”
Quels autres aspects de la santé le secteur utilise-t-il ?
“Nos entreprises se concentrent notamment sur l’amélioration de la qualité nutritionnelle et la réduction des graisses, des sucres et du sel. En 2016, grâce à l’A.R. Mayonnaise, les exigences minimales en matière d’huile dans la mayonnaise ont été supprimées. La quantité minimale d’huile a ensuite chuté de 80 à 70%. Les producteurs ont depuis lancé un certain nombre de mayonnaises avec un pourcentage de graisse moins élevé. Les autres innovations sont les sauces à base de tomate, telles que les sauces au ketchup et les sauces barbecue, à teneur réduite en sucre. “

Plats préparés


Objectif Partie II de la Convention (jusqu’en 2020) : +10% de légumes
La barre est-elle suffisamment haute avec de 10% de légumes en plus ?
Anneleen Vandewynckel, secrétaire générale de l’Association belge des plats préparés (BReMA) : “Il ne me semble pas évident d’ajouter des légumes à un macaroni au jambon ou à une pizza quatre formages. Cela implique que d’autres produits doivent subir davantage de modifications pour atteindre ces valeurs.”
Le consommateur choisit-il consciemment des plats préparés contenant plus de légumes ?
“Ce n’est pas gagné d’avance. Nous remarquons que les produits contenant beaucoup de légumes ne garantissent pas une meilleure vente.”
Les membres de BReMA se concentrent-ils sur d’autres aspects de la santé ?
“La réduction du sel reste importante. Nous accordons également beaucoup d’attention à l’utilisation de plus de graisses insaturées par rapport aux graisses saturées. Les acides gras trans ajoutés ne sont plus un problème. Nos fabricants ont adapté leurs produits en conséquence, sans de voir s’arracher les cheveux. Les teneurs en fibres et en légumes ont également augmenté.”

Salades à tartiner


Objectif Partie II de la Convention (jusqu’en 2020) : -5% de graisse

Est-ce que 5% de graisse en moins est une tâche réalisable ?
Anneleen Vandewynckel, secrétaire générale de la fédération des producteurs belges de produits à base de viande (Fénavian) : “De nombreuses salades donnent déjà de très bons résultats en termes de graisse et de sel. Les entreprises qui ont déjà fait beaucoup d’efforts doivent maintenant en faire moins. Nous souhaitons en particulier aborder les références les plus riches en matières grasses. Cela dépend beaucoup du type de salade. Par exemple, les gens qui achètent du poulet au curry préfèrent cette salade à cause de son goût typique. Les tentatives faites dans le passé pour modifier la composition ont eu un impact négatif sur les ventes. D’autres salades telles que le poulet piquant offrent des possibilités de reformulation.”
Les efforts dans le domaine de la réduction des graisses sont-ils un fait nouveau ?
“Les producteurs ont déjà entamé ce mouvement auparavant. De nombreux producteurs de produits à base de viande sont à leur limite. Ils offrent déjà une large gamme de viandes maigres. Seulement, le consommateur ne l’accepte pas toujours. Le consommateur ne choisit pas non plus massivement les références contenant des huiles alternatives, des ingrédients végétaux ou des légumes. Nos membres ont également réduit la teneur en sel dans le cadre de la Convention sur la réduction du sel. Cela a toutefois ses limites pour garantir que la sécurité alimentaire ne soit pas compromise. De plus, la science revient à présent sur l’idée que le sel serait le principal responsable.”

Boissons gazeuses

Partie I de la Convention (2012-2016) : -7% de sucres ajoutés
Objectif Partie II de la Convention (jusqu’en 2020) : -5% de sucres ajoutés
Comment évaluez-vous la première partie de la Convention ?
David Marquenie, secrétaire général de la VIWF, l’association sectorielle de l’industrie belge de l’eau et des boissons rafraîchissantes : “Nous avons dépassé notre objectif de réduction de 5% de sucres ajoutés. Certaines entreprises ont déjà réalisé une partie de leur reformulation pour 2012, d’autres y travaillaient d’arrache-pied, d’autres devaient encore démarrer. Les possibilités des entreprises étaient très différentes, en fonction de leur évolution dans leur trajet actuel.”

Comment le secteur a-t-il réussi à réduire les sucres ajoutés ?
“C’est le résultat de reformulations de produits, de nouvelles références contenant moins ou même pas de sucres et de la promotion supplémentaire de produits avec ou sans sucre. La combinaison de ces trois piliers est importante pour atteindre l’objectif. Se concentrer uniquement sur l’un des sous-aspects n’est que peu utile. Vous pouvez également vous demander s’il est judicieux de reformuler une boisson rafraîchissante avec du sucre s’il existe déjà une version sans sucre de la même boisson rafraîchissante. Dans ce cas, il est beaucoup plus efficace de modifier le comportement d’achat du consommateur. Cela peut être fait en utilisant davantage de marketing sur la version sans sucre, de sorte que ses ventes augmentent.”
Quel est notre score en termes de réduction du sucre par rapport aux autres pays ?
“Au niveau européen, la situation est très différente d’un pays à l’autre. Dans certains pays, la consommation de boissons light est bien ancrée, dans d’autres, elle est toujours quasiment inexistante. La Belgique est dans le groupe de tête : un peu plus de 30% des boissons rafraîchissantes se composent de versions ne contenant que peu ou pas de sucre.”
Quels autres aspects de la santé sont pris en compte par votre secteur ?
“La réduction du sucre est et reste une priorité importante pour nos entreprises, mais nous prévoyons également un élargissement de la gamme. De cette manière, nous offrons également au consommateur un large choix d’alternatives aux boissons rafraîchissantes classiques.”

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